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Culture

Le Burkina Faso, pays cinéphile

par Mary AXTMANN

Lorsque nous pensons aux grand festivals de cinéma du monde francophone, notre imagination nous transporte naturellement au célèbre Festival de Cannes, célébré chaque année au mois de mai dans cette petite ville méditerranéenne. Certains cinéphiles penseront peut-être au Festival de Montréal organisé tous les ans à la fin du mois d’août. Cependant l’un des festivals de cinéma le plus important du monde francophone se déroule tous les deux ans à Ouagadougou, capitale du Burkina-Faso, en Afrique de l’Ouest.

Le Burkina-Faso, dont le nom signifie « pays des hommes intègres » a été connu anciennement par le nom de Haute-Volta. C’est un petit pays tropical, sans grandes ressources naturelles, limitrophe de six autres nations : le Mali, au nord, le Niger, à l’est le Bénin au sud-est, le Togo et le Ghana au sud, et la Côte d’Ivoire au sud-ouest. Son économie est agricole, le coton étant son premier produit d’exportation et un tiers de sa population vit en dessous du seuil de pauvreté. Malgré ces limitations, et grâce à une forte volonté politique, on a réussi à y développer l’une des industries cinématographiques les plus actives de l’Afrique, et à célébrer le Festival Panafricain du Cinéma et de la Télévision de Ouagadougou [FESPACO], le festival de cinéma le plus important du continent.

À ce festival, fondé en 1969, par le grand romancier et cinéaste sénégalais Sembène Ousmane, se donnent rendez-vous les cinéphiles et professionnels du septième art de l’Afrique et du monde entier et on y présente un très grand nombre de films en différents formats. En plus des objectifs de diffusion et d’echanges professionnels, le festival burkinabè (adjectif invariable) a pour but de «contribuer à l’essor, le développement et la sauvegarde du cinéma africain en tant que moyen d’expression culturelle, d’éducation et de conscientisation». Donc, outre les traditionnels prix au meilleurs films, interprètes, décors, musique, etc., ce festival donne un «Prix des Nations Unies pour la lutte contre la pauvreté » et des prix de l’Unicef pour la promotion des droits de l’enfant et des droits de femmes. D’ailleurs, l’établissement public responsable de l’organisation du festival s’occupe aussi de projeter des films dans des secteurs ruraux, pour que le cinéma soit à la portée de toute la population. C’est un exemple admirable de comment la volonté politique peut produire des miracles dans le domaine de la culture.